Les photos surréalistes de Marie Preaud

A compter du 25 mai, la photographe Marie Preaud présentera à l’Hôtel de Ville une partie de son travail sur la culture des asperges à Schwetzingen. Le vernissage de cette exposition, en présence de l’artiste et d’une délégation allemande de la ville jumelle de Lunéville, s’est déroulé vendredi 27 mai.

Cette exposition met en effet en lumière les fameuses asperges de Schwetzingen et leur récolte manuelle depuis plus de 350 ans. Une vision totalement novatrice avec la présence de “fissures” sur les clichés, des fissures figurant dans cette terre riche et qui symbolisent pour Marie Preaud une éternelle et continuelle “ligne de vie” !

Retrouvez ci-dessous une interview de l’artiste et plusieurs documents sur la génèse de cette exposition, en Français et en Allemand.

‘Labor of Love’ – 350 ans d’asperges
Entretien avec Marie Preaud

La ville de Schwetzingen célèbre 350 ans de culture d’asperges. A cette occasion, la photographe Marie Préaud s’est rendue dans les champs d’asperges et a réalisé un travail d’impression et de collages.

– Madame Preaud, comment vous êtes-vous préparée à votre projet ?
Cela n’a pas été facile. J’ai d’abord fait des recherches et ces 350 années n’étaient pas faciles à saisir. Finalement, je suis allée dans les champs avec l’agricultrice Elfriede Fackel. Elle m’a tout montré et j’ai pu me faire une idée du travail. J’ai ensuite conçu ce “Laboratoire de l’amour”. Ensuite, j’ai été beaucoup dans les champs avec les ouvriers et j’ai ressenti cette passion et cette “Labor of Love” pour les asperges. Les ouvriers prennent vraiment du plaisir dans les champs.

– Pourquoi avez-vous choisi cette multicouche de collages ?
Le sol sablonneux est comme un diamant. Il y a une telle force, beaucoup d’énergie. Il faut que ce soit comme ça. Sans le sable et la fissure, il n’y aurait pas cette profondeur et cette intensité. Les ouvriers ont une telle passion et un tel amour pour leur travail. Je veux dire ils s’occupent du sable tous les jours et c’est le point essentiel. Si on regarde vraiment plus en profondeur, il y a beaucoup d’humour, des histoires légères, rien de triste. Ils sont heureux et sourient. Cela m’a beaucoup amusé.

– Pourquoi avoir choisi des collages et non des images individuelles ?
C’était comme un puzzle, comme un jeu. Cela m’a plus ému que de faire de la photographie. J’adore les collages. Tout ce que j’ai fait était très intense et j’ai donné toute mon âme, donné de ma personne.

– La main est un élément récurrent dans vos images, pourquoi ?
La main est l’élément le plus important. Au cours des 350 dernières années, la récolte des asperges n’a pas changé. C’est un vrai travail manuel au &er sens du terme. Ce n’est qu’avec la main que ce travail peut se faire.

– Vous avez intégré des fissures dans vos tableaux, comment cette idée est-elle née ?
J’étais dans les champs avec deux moissonneurs venus de Pologne. Ils m’ont montré comment on récoltait les asperges et c’est là que j’ai vu la terre, j’ai vu cette fissure dans la terre. J’ai rêvé de cet aspect et c’était clair : c’est la réponse à ce que mes images veulent dire. Je peux encore ajouter que la fissure est comme notre main : par exemple la ligne de vie. Tout commence par la racine.

– Comment expliquez-vous vos tableaux à des spectateurs qui ont moins de rapport avec l’art ?
J’utilise les déchirures dans le collage. Cet effet tridimensionnel est une idée de base. Pour l’arrière-plan, il est important que le spectateur comprenne pourquoi cette déchirure se forme. C’est une partie de la terre, cela apporte une autre dimension.

– Combien d’heures de travail ont été nécessaires pour réaliser vos tableaux ?
Au total, j’ai travaillé plus de 350 heures. Individuellement, c’est difficile à dire. Ils ont tous une histoire. Parfois j’y ai travaillé plus longtemps et parfois c’était comme un éclair, et tout était clair tout de suite. D’autres fois, cela a pris du temps et ce pendant plusieurs jours. Ces 350 heures sont plus symboliques qu’autre chose. C’est certainement plus que cela.

– Comment les moissonneurs ont-ils réagi à votre présence dans le champ en tant que photographe ?
L’Allemand n’est pas ma langue maternelle. La relation était donc neutre, je veux dire que personne ne parle jamais allemand dans les champs et à peine en anglais. Ce n’était pas si simple. Nous avons parlé avec les mains et les pieds. Mais ils étaient tous très gentils. J’ai beaucoup de respect pour eux. Ils se connaissent depuis toujours et viennent à Schwetzingen depuis des années.

– Que signifie cette exposition à Schwetzingen pour vous personnellement ?
C’était un grand défi de mettre en œuvre artistiquement ce thème.

– Comment vous êtes-vous rencontrés avec votre mari Horst Hamann, photographe de renommée internationale ?
Nous nous sommes rencontrés à New York. J’étais une actrice dans une émission et Horst était photographe. Nous nous sommes mariés très vite à Las Vegas et avons vécu 18 ans en Amérique.

– Comment êtes-vous passée de la comédie à la photographie ?
Je suis restée à New York avec mon mari et j’ai continué à travailler comme actrice, mais ce n’était pas si simple. J’ai ensuite appris la photographie avec Horst. J’ai également étudié à l’International School of Photography à New York. Cela fait déjà 25 ans.

– Qu’adviendra-t-il des photos après l’exposition ?
Bonne question, car j’ai reçu une offre. À Schrobenhausen, en Bavière, il y a un musée de l’asperge et les peintures y seront exposées en septembre. C’est bien que les tableaux trouvent une autre utilisation.

– Comment vous sentez-vous maintenant – à la fin de votre travail ?
Je me sens très heureuse et je suis très excitée par l’exposition ! J’espère que mon hommage à la communauté des asperges aura un retour positif.

Plus d’infos ici :
350 ans d’asperges
Artikel Katalog
Vorwort Katalog
Interview in deutscher Sprache


Les photos exposées à Lunéville (galerie des cimaises – 3e niveau)
Jusqu’au 31 août – Du lundi au vendredi de 8h30 à 12h et de 13h30 à 17h
Cliquez sur les images pour les agrandir